La thèse défendue : « Adam a été créé directement par Dieu à partir d'argile, et toute l'humanité descend de lui et d'Ève. L'évolution n'est qu'une théorie non prouvée. »
Notre conclusion : un hadith authentique dit qu'Adam mesurait soixante coudées (une trentaine de mètres) et que les hommes n'ont cessé de rapetisser depuis : les fossiles et la physique le démentent. La génétique montre que la population humaine n'est jamais descendue à un seul couple. Et dire que l'évolution n'est « qu'une théorie » joue sur le mot : en science, une théorie est une explication très solidement établie. En droit, c'est une croyance libre. Détail au bloc 6 et au bloc 5.
Question : le récit coranique et les hadiths sur Adam sont-ils compatibles avec ce que la biologie, la paléontologie et la génétique savent de l'origine de l'homme ?
Objection courante de l'athée : le récit d'Adam est un mythe d'origine, comme celui de la Bible ; l'homme descend d'ancêtres communs avec les autres primates.
Réponse courante du musulman (Zakir Naik et beaucoup d'autres) : l'évolution n'est qu'une théorie, pleine de lacunes ; Adam a été créé directement, comme le dit le Coran. D'autres croyants admettent l'évolution des animaux mais font d'Adam une exception, créé à part.
Sources à capturer : quran.com. Traduction de Hamidullah, à vérifier mot pour mot.
| Verset | Contenu (d'après Hamidullah) |
|---|---|
| 3:59 | « Pour Allah, Jésus est comme Adam qu'Il créa de poussière, puis Il lui dit : “Sois” : et il fut. » |
| 15:26-29 | « Nous créâmes l'homme d'une argile crissante, extraite d'une boue malléable […] Je vais créer un homme d'argile […] Dès que je l'aurai harmonieusement formé et lui aurai insufflé Mon souffle de vie, jetez-vous alors, prosternés devant lui. » |
| 2:30-37 | Dieu annonce aux anges qu'il va établir un « vicaire » sur terre ; il apprend à Adam tous les noms ; les anges se prosternent, sauf Iblis ; Adam et son épouse mangent de l'arbre et sont descendus sur terre. |
| 4:1 ; 7:189 | « … qui vous a créés d'un seul être, et a créé de celui-ci son épouse, et qui de ces deux-là a fait répandre beaucoup d'hommes et de femmes. » |
Passages à capturer et à citer exactement avant publication.
ṭīn : « argile ». ṣalṣāl : « argile sèche qui résonne ». khalīfa : « successeur, vicaire ». nafs wāḥida : « un seul être ». dhirā‘ : « coudée » (environ 45 à 50 cm).
Lectures modernes : certains penseurs musulmans (par exemple le courant dit de l'« exception adamique ») acceptent l'évolution pour toutes les espèces et pour les ancêtres de l'homme, mais font d'Adam et Ève un couple créé à part ; d'autres rejettent toute évolution ; d'autres lisent le récit comme symbolique.
En une phrase : en France, on peut croire au miracle ; c'est la logique, pas la loi, qui le juge.
Ce bloc répond simplement à une question : le récit d'Adam, tel que le donnent le Coran et les hadiths authentiques, est-il compatible avec ce que l'on sait de l'origine de l'homme ?
La défense, en deux points : (A) l'évolution n'est qu'une théorie non prouvée ; (B) même si les animaux ont évolué, Adam peut avoir été créé à part.
Principe utilisé : la vérification par les faits.
Selon Bukhari 3326, Adam mesurait soixante coudées, soit environ 30 mètres, et « la création n'a cessé de diminuer » depuis. C'est une affirmation précise et vérifiable. Les fossiles humains, sur des centaines de milliers d'années, ne montrent rien de tel : ni géants, ni diminution régulière de la taille. Et un être humain de 30 mètres serait physiquement impossible, ses os ne pouvant supporter son poids.
Réponse des défenseurs : Adam a été créé au Paradis, dans des conditions différentes. Pourquoi ça ne suffit pas : le hadith dit que ses descendants ont rapetissé progressivement, sur terre, « jusqu'à maintenant ». On devrait donc trouver des hommes de 20, 10, 5 mètres dans les couches anciennes. On n'en trouve aucun.
Principe utilisé : la vérification par les faits.
Le Coran dit que Dieu a répandu « beaucoup d'hommes et de femmes » à partir d'un seul être et de son épouse (4:1). La génétique des populations permet d'estimer, à partir de la diversité de nos gènes, la taille des populations ancestrales. Elle montre que l'humanité n'est jamais descendue à deux individus : il y a toujours eu, au minimum, plusieurs milliers d'ancêtres en même temps.
Réponse des défenseurs : (B) Adam et Ève ont pu être créés à part, puis leurs descendants se mêler à d'autres humains. Pourquoi ça ne suffit pas : alors ils ne sont plus les ancêtres de tous les hommes au sens du Coran, et il faut admettre que d'autres humains existaient, nés de l'évolution, ce que le texte ne dit nulle part. C'est une hypothèse ajoutée pour éviter la contradiction.
Principe utilisé : s'en tenir au texte.
Le verset 3:59 compare la création d'Adam à la naissance miraculeuse de Jésus : Dieu le créa de poussière, puis lui dit « Sois », et il fut. Le texte décrit une création immédiate et miraculeuse, pas une lente transformation sur des millions d'années. Les preuves de l'évolution humaine (fossiles d'espèces intermédiaires, gènes partagés avec les grands singes jusqu'aux « cicatrices » de virus anciens aux mêmes endroits de l'ADN) décrivent l'inverse.
Réponse des défenseurs : Dieu a pu créer Adam avec un ADN semblable à celui des singes. Pourquoi ça ne suffit pas : un créateur qui placerait dans l'ADN d'Adam des traces d'anciennes infections virales identiques à celles des chimpanzés aurait fabriqué de fausses preuves d'une histoire qui n'a pas eu lieu. Cette hypothèse rend Dieu trompeur.
Principe utilisé : l'équivoque.
Dans le langage courant, « théorie » veut dire « supposition ». En science, une théorie est une explication d'ensemble, confirmée par de nombreuses observations : la théorie de la gravitation, la théorie microbienne des maladies, la théorie de l'évolution. Dire « l'évolution n'est qu'une théorie » en jouant sur les deux sens est une équivoque.
Et les apologètes qui rejettent l'évolution acceptent sans difficulté les autres théories scientifiques quand elles semblent confirmer le Coran (le Big Bang, l'expansion de l'univers) : c'est deux poids, deux mesures.
Réponse des défenseurs : il reste des débats et des lacunes dans l'évolution. Pourquoi ça ne suffit pas : les débats portent sur les mécanismes et les détails, pas sur le fait de l'évolution ni sur l'ascendance commune de l'homme et des autres primates. Toute science a des questions ouvertes ; cela ne rend pas ses résultats établis incertains.
Le récit d'Adam donne des affirmations vérifiables : un homme de trente mètres, une humanité qui a rapetissé, une population issue d'un seul couple, une femme née d'une côte. La paléontologie, la physique et la génétique les démentent. La défense « ce n'est qu'une théorie » repose sur un jeu de mots.
Ce que le lecteur peut retenir : le récit d'Adam est un récit d'origine, de la même famille que celui de la Bible, pas une description de l'histoire biologique de l'homme.
Ce que cette fiche ne dit pas : de nombreux croyants, et des scientifiques musulmans, acceptent l'évolution et lisent le récit d'Adam comme un enseignement spirituel sur la dignité et la responsabilité de l'homme. La fiche juge la lecture littérale.