La thèse défendue : « Le Coran parle de réalités invisibles (les djinns) que la science ne peut pas étudier ; il ne contredit pas l'astronomie. »
Notre conclusion : le Coran et les hadiths authentiques donnent une explication physique d'un phénomène visible : les étoiles filantes sont des projectiles lancés contre des démons qui montent écouter les anges. Or on sait ce que sont les étoiles filantes : des poussières de comètes qui brûlent dans l'atmosphère, en pluies prévisibles chaque année à date fixe, selon la position de la Terre sur son orbite. Les djinns ne s'invitent pas tous les 12 août. En droit, c'est une croyance libre. Détail au bloc 6 et au bloc 5.
Question : que disent le Coran et les hadiths des étoiles filantes, et cette explication est-elle compatible avec ce qu'on sait d'elles ?
Objection courante de l'athée : le Coran explique les étoiles filantes par une guerre entre anges et démons, ce qui est une croyance mythologique.
Réponse courante du musulman : il s'agit du monde invisible (ghayb), que la science ne peut ni confirmer ni réfuter ; les « étoiles » qui servent de projectiles ne sont pas les étoiles elles-mêmes mais des éclats de feu.
Sources à capturer : quran.com. Traduction de Hamidullah, à vérifier mot pour mot.
| Verset | Contenu (d'après Hamidullah) |
|---|---|
| 67:5 | « Nous avons effectivement embelli le ciel le plus proche de lampes et Nous en avons fait des projectiles pour lapider les diables. » |
| 37:6-10 | « Nous avons décoré le ciel le plus proche d'un décor : les étoiles, afin de le protéger contre tout diable rebelle. Ils ne pourront être à l'écoute des dignitaires suprêmes [les anges] ; car ils seront harcelés de tout côté […] Sauf celui qui saisit au vol quelque [information] ; il est alors pourchassé par un météore transperçant (shihābun thāqib). » |
| 15:16-18 | « Et Nous l'avons protégé [le ciel] contre tout diable banni. À moins que l'un d'eux parvienne subrepticement à écouter, une flamme brillante alors le poursuit. » |
| 72:8-9 | Les djinns disent : « Nous avions frôlé le ciel et Nous l'avions trouvé plein d'une forte garde et de bolides. Nous y prenions place pour écouter. Mais quiconque prête l'oreille maintenant, trouve contre lui un bolide aux aguets. » |
Passages à capturer et à citer exactement avant publication.
shihāb : « flamme, météore ». rujūm : « projectiles pour lapider ». shayṭān : « démon, diable ». ghayb : « l'invisible, le mystère ». kāhin : « devin ».
Lectures modernes : certains apologètes lisent ces versets comme symboliques (la vérité qui chasse le mensonge) ; d'autres maintiennent le sens littéral comme relevant de l'invisible.
En une phrase : en France, on peut croire au miracle ; c'est la logique, pas la loi, qui le juge.
Ce bloc répond simplement à une question : l'explication coranique des étoiles filantes est-elle compatible avec ce qu'on sait d'elles ?
La défense, en deux points : (A) il s'agit du monde invisible, que la science ne peut pas étudier ; (B) les projectiles ne sont pas les étoiles mais des flammes qui en partent.
Principe utilisé : la falsifiabilité.
Les djinns sont invisibles, mais les étoiles filantes, elles, se voient à l'œil nu. Le Coran et les hadiths ne parlent pas seulement de l'invisible : ils donnent la cause d'un phénomène visible. Cette cause peut être confrontée aux observations.
Or les pluies d'étoiles filantes reviennent chaque année à date fixe, parce que la Terre traverse les débris d'une comète sur son orbite. Si les météores étaient lancés contre des démons qui écoutent les décisions divines, il faudrait que ces démons montent écouter tous les ans le 12 août et le 14 décembre, en plus grand nombre ces nuits-là.
Réponse des défenseurs : Dieu peut utiliser des phénomènes naturels réguliers pour atteindre ses fins. Pourquoi ça ne suffit pas : alors l'explication par les démons n'explique rien : elle s'ajoute à une explication naturelle complète, sans qu'on puisse jamais la constater. C'est une affirmation qu'aucune observation ne pourrait démentir.
Principe utilisé : s'en tenir au texte.
Le verset 67:5 dit que Dieu a orné le ciel « de lampes », les étoiles, « et Nous en avons fait des projectiles ». Qatada, cité par Bukhari, résume : les étoiles ont été créées comme ornement, comme projectiles contre les démons, et comme repères. Le texte confond donc deux réalités sans rapport : les étoiles, qui sont des soleils lointains, et les météores, qui sont des poussières brûlant à 100 km au-dessus de nous.
Réponse des défenseurs : (B) ce sont des flammes issues des étoiles, pas les étoiles elles-mêmes. Pourquoi ça ne suffit pas : les météores ne viennent pas des étoiles, mais des comètes et des astéroïdes de notre système solaire. La correction ne fait que déplacer l'erreur.
Principe utilisé : la charge de la preuve (une explication humaine simple doit être écartée avant d'invoquer une révélation).
Le hadith de Bukhari 4800 décrit des démons « les uns au-dessus des autres » pour écouter ce que disent les anges, et transmettant l'information de proche en proche jusqu'aux devins. Ce tableau suppose un ciel proche, avec un « haut » où l'on parle, accessible en montant. C'est la cosmologie des devins arabes de l'époque, que le texte reprend en la retournant contre eux.
Le hadith de Muslim 2229 montre d'ailleurs qu'avant l'islam, les Arabes avaient déjà une explication surnaturelle des étoiles filantes (la naissance ou la mort d'un grand homme). Le Coran remplace une explication surnaturelle par une autre.
Réponse des défenseurs : le Prophète a corrigé une superstition (naissance, mort) par une vérité révélée. Pourquoi ça ne suffit pas : la « vérité révélée » est aussi fausse que la superstition sur le plan physique. Une vraie correction aurait été : « ce sont des pierres qui brûlent dans l'air ».
Principe utilisé : la vérification par les faits.
Selon 72:8-9 et les exégètes, les djinns ont constaté qu'au moment de la révélation, le ciel était « plein de gardes et de bolides » : les étoiles filantes se seraient multipliées. Rien, dans ce que l'on sait des comètes et des pluies de météores, n'indique une telle augmentation au début du VIIe siècle, ni sa fin ensuite.
Réponse des défenseurs : le texte rapporte ce que disent les djinns, pas une observation humaine. Pourquoi ça ne suffit pas : les exégètes en font un fait. Et une affirmation attribuée à des êtres invisibles, sur un phénomène visible, reste une affirmation sur le monde visible.
Le Coran et les hadiths authentiques expliquent un phénomène visible et prévisible par une cause surnaturelle : des démons qui écoutent le ciel. Ils confondent étoiles et météores. Ils reprennent une cosmologie de devins, avec un ciel proche où l'on monte écouter. Et l'augmentation des météores au début de l'islam n'a laissé aucune trace.
Ce que le lecteur peut retenir : une étoile filante qui revient chaque 12 août n'est pas une flèche lancée contre un démon. C'est une poussière de comète.
Ce que cette fiche ne dit pas : beaucoup de croyants lisent ces versets comme des images morales (la vérité qui chasse le mensonge). La fiche juge la lecture littérale, défendue par les exégètes classiques.