La thèse défendue : « L'islam reconnaît les autres religions révélées : le Coran promet la récompense aux juifs et aux chrétiens qui croient en Dieu et font le bien (2:62, 5:69). »
Notre conclusion : le même Coran dit que « quiconque désire une autre religion que l'islam ne sera point agréé » (3:85), et qualifie les incroyants parmi les gens du Livre de « pires des créatures » (98:6). Un hadith authentique précise que le juif ou le chrétien qui a entendu parler du Prophète et meurt sans croire en lui ira en Enfer (Muslim 153). Pour concilier, une partie de la tradition déclare 2:62 abrogé : mais une promesse de salut ne peut pas devenir fausse. Dans les débats publics, on cite 2:62 ; dans la doctrine, c'est 3:85 qui l'emporte. En France, aucune religion n'est supérieure aux autres. Détail au bloc 6 et au bloc 5.
Question : selon le Coran et les hadiths, les juifs, les chrétiens et les autres non-musulmans peuvent-ils être sauvés ? L'islam est-il pluraliste ou exclusif ?
Objection courante de l'athée : l'islam affiche une ouverture aux autres religions dans le dialogue interreligieux, mais sa doctrine les condamne.
Réponse courante du musulman : l'islam est la religion de tous les prophètes ; les juifs et les chrétiens sincères d'avant Muhammad sont sauvés ; après lui, Dieu jugera chacun selon ce qu'il a reçu ; Zakir Naik invite au « terrain commun » entre religions.
Sources à capturer : quran.com. Traduction de Hamidullah, à vérifier mot pour mot.
| Verset | Contenu (d'après Hamidullah) | Sens |
|---|---|---|
| 2:62 (et 5:69) | « Certes, ceux qui ont cru, ceux qui se sont judaïsés, les Nazaréens et les Sabéens, quiconque d'entre eux a cru en Allah au Jour dernier et accompli de bonnes œuvres, sera récompensé par son Seigneur ; il n'éprouvera aucune crainte et il ne sera jamais affligé. » | ouverture |
| 3:19 | « Certes, la religion acceptée d'Allah, c'est l'Islam. » | exclusivité |
| 3:85 | « Et quiconque désire une religion autre que l'Islam, ne sera point agréé, et il sera, dans l'au-delà, parmi les perdants. » | exclusivité |
| 98:6 | « Les infidèles parmi les gens du Livre, ainsi que les associateurs iront au feu de l'Enfer, pour y demeurer éternellement. De toute la création, ce sont eux les pires. » | condamnation |
| 5:72-73 | « Ce sont certes des mécréants, ceux qui disent : “En vérité, Allah c'est le Messie, fils de Marie” […] ceux qui disent : “En vérité, Allah est le troisième de trois.” » | la foi chrétienne qualifiée d'incroyance |
Passages à capturer et à citer exactement avant publication.
islām : « soumission (à Dieu) » ; nom de la religion, ou attitude générale de soumission à Dieu, selon les lectures. dīn : « religion, jugement ». fiṭra : « nature originelle ». ahl al-kitāb : « gens du Livre » (juifs et chrétiens).
Lectures modernes : des penseurs pluralistes (par exemple certains soufis ou réformistes) comprennent « islam » en 3:19 comme la soumission à Dieu, commune à toutes les religions sincères ; la majorité des savants traditionnels comprend le nom de la religion apportée par Muhammad.
Les enquêtes sur la transmission religieuse montrent que la religion d'une personne dépend avant tout de celle de ses parents et du pays où elle naît (données Pew Research Center à citer). Le hadith de la fiṭra (Bukhari 1358) le reconnaît d'ailleurs : « ce sont ses parents qui en font un juif ou un chrétien ».
En une phrase : en France, chacun peut croire que sa religion est la seule vraie ; la loi, elle, les traite toutes à égalité.
Ce bloc répond simplement à une question : l'islam est-il ouvert au salut des autres religions, comme le dit la défense ?
La défense, en deux points : (A) 2:62 et 5:69 promettent la récompense aux juifs et chrétiens croyants et vertueux ; (B) l'islam est la religion de tous les prophètes, donc il ne rejette pas les autres.
Principe utilisé : la non-contradiction.
Le verset 2:62 dit que les juifs, les chrétiens et les sabéens qui croient en Dieu et au Jour dernier et font le bien « seront récompensés ». Le verset 3:85 dit que quiconque veut une autre religion que l'islam « ne sera point agréé ». Un chrétien sincère et vertueux, aujourd'hui, est-il sauvé ? Selon 2:62, oui ; selon 3:85 et Muslim 153, non.
Réponse des défenseurs : 2:62 vise ceux qui ont vécu avant Muhammad, ou ceux qui ont cru en lui. Pourquoi ça ne suffit pas : le verset ne contient aucune de ces limites ; elles ont été ajoutées pour accorder les deux textes. Sans elles, ils se contredisent.
Principe utilisé : la cohérence interne.
Une autre solution, attribuée à Ibn ‘Abbas, consiste à dire que 2:62 a été abrogé par 3:85. Mais 2:62 n'est pas une règle de conduite, qui pourrait changer selon les circonstances : c'est une affirmation sur le sort éternel de certaines personnes. Si elle était vraie quand elle a été révélée, elle ne peut pas devenir fausse ensuite ; si elle n'était pas vraie, elle n'aurait pas dû être révélée (voir abrogation).
Réponse des défenseurs : l'abrogation signifie que les conditions du salut ont changé avec la venue du dernier prophète. Pourquoi ça ne suffit pas : alors 2:62, qui ne mentionne aucune condition liée à Muhammad, était incomplet ou trompeur pour ses lecteurs. Et il reste dans le Coran, récité comme parole de Dieu.
Principe utilisé : la citation sélective.
Dans le dialogue interreligieux et les conférences publiques, on cite 2:62 et l'on parle de « terrain commun ». Dans l'enseignement doctrinal, c'est 3:85, 98:6 (les gens du Livre incroyants sont « les pires des créatures ») et Muslim 153 qui font foi. Les deux discours ne sont pas adressés au même public.
Réponse des défenseurs : chercher un terrain commun ne veut pas dire nier ses convictions. Pourquoi ça ne suffit pas : c'est vrai, mais l'honnêteté demande de dire aussi au public que, selon la doctrine majoritaire, ses interlocuteurs juifs et chrétiens iront en Enfer s'ils ne se convertissent pas.
Principe utilisé : la cohérence morale.
Le hadith de la fiṭra reconnaît que « ce sont ses parents qui font » d'un enfant un juif ou un chrétien (Bukhari 1358). La religion d'une personne dépend donc surtout de sa famille et de son pays. Un enfant né au Pakistan a toutes les chances d'être musulman, un enfant né en Pologne d'être chrétien. Faire dépendre le salut éternel de l'appartenance à la bonne religion, c'est le faire dépendre largement du hasard de la naissance.
Et chaque religion exclusive fait la même affirmation : il n'existe aucun moyen neutre de choisir la bonne, puisque chacune se juge selon ses propres textes.
Réponse des défenseurs : Dieu ne punit que celui à qui le message est parvenu clairement ; il est juste envers chacun selon sa situation. Pourquoi ça ne suffit pas : c'est une position généreuse, défendue par certains théologiens, mais elle contredit Muslim 153, qui suffit d'avoir « entendu parler » du Prophète. Et l'on en revient à la difficulté de punir quelqu'un qui n'est pas convaincu (voir éternité de l'Enfer).
Le Coran contient un verset d'ouverture (2:62) et des versets d'exclusivité (3:85, 98:6) qui ne peuvent pas être vrais ensemble sans ajouts. La solution de l'abrogation rend fausse une promesse de salut. Le discours public met en avant l'ouverture, la doctrine retient l'exclusivité. Et le salut finit par dépendre du hasard de la naissance.
Ce que le lecteur peut retenir : on ne peut pas dire à la fois « l'islam reconnaît le salut des juifs et des chrétiens » et « aucune autre religion n'est agréée ».
Ce que cette fiche ne dit pas : de nombreux musulmans croient sincèrement que Dieu peut sauver les croyants d'autres religions, et pratiquent un dialogue honnête. La fiche juge la doctrine classique majoritaire.